—Ça, c'est embêtant! fit-il.

Et il y eut un triste silence entre les deux hommes.

Ce fut M. Gaspard Lalouette qui osa, le premier reprendre la parole:

—Je vous l'aurais bien caché, comme aux autres, mais vous, qui êtes au secrétariat perpétuel, qui recevrez ma correspondance, qui aurez certainement l'occasion de me soumettre vos écritures (me soumettre vos écritures! M. Hippolyte Patard leva les yeux au ciel), j'ai bien pensé que vous vous en apercevriez tout de suite... et je me suis dit qu'il valait mieux s'arranger avec vous de façon à ce que personne n'en sache rien jamais... jamais!... vous ne répondez pas?

Est-ce l'affaire du discours qui vous gêne? Eh bien, vous ne le ferez pas trop long et vous me l'apprendrez par cœur... Je ferai tout ce que vous voudrez... mais dites quelque chose.

M. Hippolyte Patard n'en revenait pas...

Il en restait comme assommé. Il avait vu bien des choses depuis quelques mois, mais ça c'était le plus fort de tout. Un candidat à l'Académie qui ne savait pas lire!

Enfin, il se décida à manifester les sentiments contradictoires qui l'agitaient.

—Mon Dieu, que c'est embêtant! Ah! que c'est embêtant! Voilà enfin un candidat et il ne sait pas lire! Il fait l'affaire, il fait tout à fait l'affaire, mais il ne sait pas lire!... Ah! mon Dieu, que c'est embêtant! embêtant! embêtant! embêtant!

Et il alla, furieux, à M. Lalouette.