Il termina en déclarant que ses compagnons et lui exigeaient d'être conduits sur-le-champ, tous ensemble, à un officier d'état-major.
Les comitadjis, sous l'effet de cette menace inattendue, se consultèrent et finirent par promettre qu'ils ne toucheraient pas à la petite fille.
Rouletabille alla en prévenir Ivana qui consentit à se montrer avec l'enfant, la portant dans ses bras.
Alors les comitadjis lui dirent:
—Tu n'es pas la vraie nièce du général Vilitchkov, qui a été assassiné par les Pomaks, sans quoi tu n'essayerais pas de sauver une petite musulmane dont les parents ont assassiné tes parents! Donne-nous donc cette enfant et nous te vengerons, puisque toi, tu n'as pas le courage de le faire toi-même.
Ivana leur répondit:
—Je suis la nièce du général Vilitchkov et je vous ordonne de me conduire à votre chef.
—Nous n'avons pas de chefs! Nous sommes de libres comitadjis!… répondirent-ils, et ils voulurent mettre la main sur elle…
—Vous êtes des assassins… s'écria-t-elle.
Alors ce fut une mêlée indescriptible. Les reporters voulaient la défendre et les comitadjis voulaient l'atteindre. La Candeur criait toujours: «Francis! Francis!…»