On se rappelle que M. de la Galaizière avait déjà perdu un fils, presque subitement, peu de temps auparavant.

La mort du duc Ossolinski avait fait rentrer Stanislas en possession du domaine de la Malgrange, dont le feu duc avait la jouissance viagère. Le roi en profita pour ajouter une nouvelle faveur à toutes celles qu'il avait déjà accordées à Mme de Boufflers: il lui fit don de la Malgrange, «ferme, cour, basse-cour, jardins et dépendances, pour en jouir pendant sa vie,» et il prit toutes les précautions nécessaires pour que, ni dans le présent ni dans l'avenir, elle ne pût être inquiétée ni troublée dans sa jouissance[ [45].

Pour éviter toute difficulté au moment où la Lorraine reviendrait à la France, le roi de France avait, le même mois, pris un arrêté reconnaissant et ratifiant ladite concession.

Les bontés de Stanislas pour la famille de Boufflers sont fréquentes, et chaque fois qu'il en trouve l'occasion il ne manque jamais de donner à la favorite ou à ses enfants des marques de son affection.

Déjà, en 1750, il a nommé son fils aîné, à peine âgé de quatorze ans, capitaine d'une compagnie de ses gardes du corps.

En 1751, le 14 août, «voulant marquer de plus en plus sa satisfaction de l'attachement pour sa personne de demoiselle de Boufflers», il l'a gratifiée d'une pension viagère de 600 livres.

En 1752, l'abbé de Boufflers, qui n'a que treize ans, est nommé coadjuteur de l'abbaye de Béchamp.

En octobre 1753, à la pressante sollicitation de Stanislas, Louis XV accorde au jeune marquis de Boufflers l'exercice de la charge de menin du dauphin[ [46].

En 1756, aussitôt après la mort du duc Ossolinski, Stanislas désigne à sa place comme grand maître de sa maison le prince de Beauvau. Louis XV accorde en même temps au prince les entrées de la chambre comme les avait le feu duc.

Le 22 novembre de la même année, M. de Beauvau est encore nommé bailli d'épée du bailliage de Lunéville.