A la suite de ces événements, en février 1759, M. de la Galaizière, sentant sa situation compromise, demanda un congé et il annonça son départ pour Paris.
Le lendemain, M. de Lucé, causant avec Stanislas, lui dit que c'était le moment de marquer à son frère des bontés dont il avait grand besoin:
—«Que dois-je donc faire, demanda le monarque?
—«Écrire au roi de France, répondit M. de Lucé.
Sur ce mot, Stanislas lui dit de se retirer, qu'il savait ce qu'il avait à faire.
L'après-midi, le Roi, rencontrant M. de Lucé, lui dit:
—«Je suis fâché à toi[ [62].
—«Sire, ce serait le plus grand malheur qui pourrait m'arriver.
—«Crois-tu avoir imaginé tout seul ce qu'il fallait faire? Je l'avais pensé avant toi; je sais ce qu'il faut faire dans les occasions importantes.»
Peu après, Stanislas remit à son chancelier une lettre tout entière de sa main pour le Roi, son gendre; il réclamait sa justice et ses bontés pour M. de la Galaizière, «victime d'une cabale», et il affirmait qu'il n'avait «rien trouvé à reprendre à son administration depuis vingt-deux ans.»