Le soir même, le chancelier, heureux de la satisfaction obtenue, soupa chez M. Alliot, avec plusieurs dames de la Cour; puis il joua à la comète et il quitta le jeu pour monter en carrosse et se rendre à Paris.

La Galaizière, tout en conservant son titre et ses fonctions de chancelier, dut donner sa démission d'intendant de Lorraine, mais il fut remplacé par son fils[ [63], ce qui ne changeait rien.

Dès que la fin des troubles fut assurée, Tressan s'empressa d'écrire à Mme de Boufflers pour l'en prévenir. Elle était à Plombières, attendant anxieusement ce qui allait se passer. Sa joie fut grande en apprenant que son cher Stanislas allait enfin retrouver le calme de l'esprit et qu'elle-même allait pouvoir continuer à vivre en Lorraine, sans rien changer aux conditions de son existence.

CHAPITRE XII

Les voyages du Roi à Versailles.

Depuis que Tressan était arrivé en Lorraine, et en particulier à la suite des événements que nous avons racontés, son intimité avec le Roi n'avait fait que croître. La mort du duc Ossolinski avait contribué encore à nouer entre le monarque et le gouverneur des relations plus étroites. Stanislas voyait avec anxiété les vides se faire de plus en plus fréquents autour de lui et il sentait le besoin, pour éviter la solitude menaçante, de se créer des attachements nouveaux.

Les goûts littéraires et scientifiques de Tressan lui plaisaient infiniment; aussi ne négligeait-il aucune occasion d'attirer à sa Cour cet esprit distingué. Quand il lui écrivait, il le faisait toujours dans les termes les plus affectueux et sans rien dissimuler du plaisir qu'il éprouvait à le voir près de lui.

Il lui mandait, le 1er janvier 1757:

«Lunéville.