Pendant que l'on se morfondait à Lunéville et à Commercy, Mme de Boufflers achevait les derniers préparatifs du mariage de sa fille.

Le contrat fut passé à Paris devant maître Delaleu, notaire, les 21 et 22 septembre 1760.

Le père du fiancé[ [85] n'avait pu venir, il s'était fait représenter par son fils aîné, Raymond de Boisgelin, abbé de Cucé, vicaire général du diocèse de Rouen.

La fiancée, Marie-Stanislas-Catherine de Boufflers, comtesse et chanoinesse de Poussay, était assistée de sa mère, la marquise douairière de Boufflers; de ses frères, le marquis de Boufflers-Remiencourt, colonel du régiment Dauphin-infanterie, et de Stanislas Catherine, abbé de Boufflers; du prince de Beauvau et du chevalier de Beauvau, ses oncles; du marquis et de la marquise de Bassompierre, ses oncle et tante, et de quelques cousins, parmi lesquels figuraient le marquis du Châtelet.

La dot de la mariée s'élevait à la somme de 50,000 livres, que Mme de Boufflers douairière s'engageait à verser la veille des épousailles, en deniers comptants.

Les biens du marié consistaient:

1o En un emploi de maître de la garde-robe de Sa Majesté, qu'il venait d'acheter du comte de Maillebois, moyennant 640,000 livres;

2o En la somme de 180,000 livres tant en deniers comptants que dans le prix de la vente qu'il venait de faire au comte de Rochechouart de sa charge de premier cornette de la première compagnie des mousquetaires de la garde du Roy;

3o En une rente annuelle de 10,000 livres, que son père, le marquis de Cucé, s'engageait à lui fournir.

En considération dudit mariage, l'abbé de Cucé abandonnait à son frère cadet son droit d'aînesse et tous les droits et prérogatives attachés à ce titre.