Son Apologie cependant ne put détourner des jésuites la catastrophe qui les menaçait, l'affaire fut évoquée devant le Parlement.

Ce fut un coup terrible, non seulement pour Stanislas, mais encore et surtout pour sa fille Marie Leczinska.

Depuis quelques années, la vie de la Reine s'était singulièrement assombrie. Complètement abandonnée du Roi, elle vivait de plus en plus retirée, aussi s'adonnait-elle plus que jamais aux pratiques étroites de la dévotion.

Souvent elle allait passer la journée au couvent des carmélites:

«Mon Dieu! que l'on y est bien et que tout ce qui agite le monde et le tourmente paraît puéril! écrivait-elle... On n'a pas le temps de respirer chez elles, les heures y sont des minutes; c'est l'éternité anticipée... des louanges de Dieu continuelles, permanentes. Enfin, quand elles meurent, cela a l'air de quelqu'un qui se déshabille pour s'aller reposer, et quel repos! Qu'elles sont heureuses!»

De grands chagrins avaient contribué à accabler la malheureuse princesse.

Le 6 décembre 1759, elle a perdu de la petite vérole sa fille mariée au duc de Parme. En mars 1761, elle a vu succomber sous ses yeux son petit-fils le duc de Bourgogne. Ce n'est pas tout encore. L'état du Dauphin lui-même lui inspire déjà de très cruelles préoccupations.

Ces malheurs réitérés ont eu sur sa santé la plus fâcheuse influence et son moral en a été profondément atteint. Elle écrit au président Hénault: «J'ai des vapeurs à crever.»

C'est au milieu de ces tristesses présentes et futures qu'une nouvelle douleur vient la frapper.

Autant que son père, et plus peut-être encore, elle aimait les jésuites, et elle en avait toujours un près d'elle comme confesseur[ [103]. L'intervention menaçante du Parlement la consterna et sa correspondance montre bien l'amertume qu'elle ressentit: