«Je ne vous parle pas de ce que le Parlement a fait, car cela me fait mal, j'en suis dans la douleur: ce sont les indulgences de Luther!»
Elle reste accablée et dans un dégoût profond de toutes choses:
«Je ne vis que d'amertume, et ma consolation c'est Dieu et de penser que cette vie est courte.
«Ce que je puis vous dire, c'est que ni lecture, ni peinture, ni tous les plaisirs de la solitude ne m'empêchent point de sentir tout ce qui se passe, parce que cela touche l'intime de mon âme; il n'y a que le cabinet de la «belle mignonne»[ [104] où je prie Celui qui seul peut y remédier et qui peut donner la force aux faibles.»
Et elle ajoute cette phrase prophétique:
«C'est une sotte chose que d'être reine. Hélas! pour peu que les choses continuent à aller comme elles vont, on nous dépouillera bientôt de cette incommodité.»
Stanislas, très noblement, se refusa à abandonner les jésuites dans l'infortune; non seulement il écrivit à son gendre en leur faveur, mais il leur ouvrit ses États et leur offrit une large hospitalité. Malgré tout, il n'était pas trop rassuré sur la valeur de l'asile qu'il leur offrait, ni sur le sort de ceux qui habitaient la Lorraine. Il écrivait à sa fille le 3 mars 1763:
«Je ne suis pas un moment tranquille sur la sûreté des miens (jésuites) en Lorraine, qu'il me semble que je ne tiens que par la queue.»
En guise de protestation contre la mesure qui frappait l'Ordre qui lui était cher, Stanislas envoya Cerutti à Paris en le recommandant à son petit-fils. Le Dauphin l'attacha à sa personne et lui témoigna bientôt la plus grande confiance.
Malheureusement la mort inattendue du prince vint briser toutes les espérances du jeune écrivain.