Nous le retrouverons dans quelques années.

Pendant que le sort de la Compagnie de Jésus se décidait, une heureuse réunion de famille était venue détourner Stanislas de ses tristes pensées et adoucir le coup qui le frappait dans une de ses plus vives affections.

En 1761, après le séjour de Mesdames à Plombières, les médecins avaient pensé qu'une nouvelle saison d'eaux serait très favorable aux princesses.

En prévision de cet événement, et pour leur permettre de faire dans la petite localité un séjour plus confortable, Stanislas, aussitôt après le départ de ses petites-filles, avait fait construire une maison de belle apparence avec neuf croisées de façade sur la grande rue. Le rez-de-chaussée en arcades formait une promenade à couvert fort agréable. Ce bâtiment fut surnommé le Palais royal.

A peine terminé, il allait servir au but auquel on l'avait destiné.

En effet, en mai 1762, on annonça la prochaine arrivée de Mesdames. A cette nouvelle, Stanislas éprouva une joie d'autant plus grande qu'il traversait des circonstances plus critiques et qu'il avait besoin de plus de consolations. Comme l'année précédente, il vint attendre les princesses à Commercy. Le 26 mai, jour marqué pour leur arrivée, le Roi, accompagné de toute sa cour, se rendit jusqu'à Saint-Aubin où il accueillit les voyageuses avec beaucoup de tendresse.

Le 27, la Cour séjourna à Commercy; on retourna à la fontaine Royale, on revit le château d'eau, le pont d'eau, etc., et toutes les merveilles du parc.

Le 28, les princesses partirent pour la Malgrange: à Nancy toutes les rues étaient garnies d'une double haie de troupes depuis la porte Saint-Jean jusqu'à celle de Saint-Nicolas.

Mesdames, escortées d'une troupe de cavalerie, traversèrent la ville au bruit des timbales, trompettes, fifres et tambours, au son des cloches, au bruit du canon et aux acclamations de tout le peuple qui se portait en foule sur leurs pas.

Elles arrivèrent le 29 à Plombières, accompagnées du comte de Croix, que Stanislas avait choisi pour le représenter. On ne pouvait en vérité faire un meilleur choix.