Le 11, Mesdames assistèrent à une messe chantée en musique. Le cardinal de Choiseul leur présenta l'eau bénite et il leur donna la patène à baiser.
Le soir, après le souper, l'on tira sur la terrasse du château un merveilleux feu d'artifice. Huit portiques étaient ornés des chiffres du Roi, de Stanislas, de Mesdames, entourés de nombreuses fleurs de lis.
«Il y avait de chaque côté du trophée deux bouquets en roses, et une comète de droite et de gauche du chiffre de Louis le Bien-Aimé; un grand soleil faisant son cours dont ce chiffre était le centre, plus de cent gerbes à la romaine, quantité de bouquets chinois, une lune qui faisait son cours, et nombre d'autres artifices.»
A une heure après minuit tout reposait dans le château, lorsqu'on entendit les appels des sentinelles qui criaient: «Au feu! au feu!» C'était le pavillon chinois qui brûlait. Comme le bâtiment était en bois et que les secours arrivèrent tardivement, il fut impossible de rien sauver.
Les habitants de la ville et des villages voisins accoururent pour porter des secours, mais il fallut se borner à préserver l'hôtel de Craon et les maisons proches de l'incendie. Il s'en fallut de peu qu'elles ne fussent, elles aussi, la proie des flammes. A six heures du matin, on était parvenu à conjurer le danger, mais le pavillon chinois était réduit en cendres, et tous les arbres voisins écorcés jusqu'au sommet.
Personne ne voulait annoncer cette mauvaise nouvelle au roi. Ce fut Alliot qui dut s'en charger. Il entra le premier dans l'appartement de Stanislas, qui lui parla beaucoup de la fête de la veille et en témoigna sa satisfaction.
«Oui, sire, dit l'intendant, elle était belle, mais elle serait encore plus agréable sans le petit accident arrivé cette nuit.
—«Eh! quoi donc? reprit le Roi avec vivacité.
—«Sire, votre pavillon chinois est réduit en cendres.
—«Les maisons voisines n'ont-elles pas souffert? demanda Stanislas après un moment de silence.