Stanislas partit de Lunéville à trois heures avec la princesse Christine; ils arrivèrent à six heures à la Mission, où le chancelier de la Galaizière les attendait. Ils firent leur entrée à Nancy à sept heures et se rendirent immédiatement à l'Intendance, dont les salons étaient brillamment éclairés. Mesdames n'arrivèrent qu'à huit heures trois quarts. Aussitôt l'illumination commença.

Une foule prodigieuse d'étrangers était accourue pour jouir de ce spectacle; on n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Le naïf chroniqueur, dans son admiration, écrit:

«Un allumeur, qui étoit en l'air au fronton de l'hôtel de ville, fixe l'idée qu'on aura longtems de cette fête. Il s'arrêta d'admiration en regardant l'Intendance et dit: «Ah! mon Dieu, qui auroit cru cela? Non, un homme de cent ans n'aura jamais vu et ne verra jamais pareille chose!»

A dix heures, le Roi avec Mesdames et la princesse Christine vint à pied se promener sur la Carrière et sur la place Royale, puis ils montèrent en carrosse et se rendirent à la Malqrange.

Il y eut ensuite un bal populaire, auquel assista la comtesse de Civrac et plusieurs personnes de la suite des princesses.

Mesdames rentrèrent à Plombières le 25 juillet. Leur seconde saison ne fut pas moins agréable que la première. Stanislas vint à deux reprises passer quelques jours avec elles.

Leur départ était fixé au 4 septembre. Elles séjournèrent encore trois jours à Lunéville auprès de leur grand-père, et le 7 elles partirent pour Versailles.

CHAPITRE XXII
1763-1764

Mort de la princesse de Beauvau.—Mariage du prince avec Mme de Clermont.—Stanislas publie les œuvres du philosophe bienfaisant.—Mort d'Auguste III.—Le chevalier de Boufflers va complimenter la princesse Christine.—Ses vers à cette occasion.—Il va assister au sacre de l'Empereur à Francfort.