A onze heures arrive une nouvelle lettre:
«Lunéville, 22 février,
huit heures et demie du soir.
«Notre maître respire encore. Après avoir reçu l'extrême-onction vers dix heures du matin, sans connoissance ni mouvement, il a eu quelques instants lucides. A midi une moiteur salutaire. Elle s'est soutenue et a rétabli la suppuration. Quelques paroles sont sorties avec effort de la bouche du malade, avant et après le pansement. Ce soir la tête est plus libre... On n'espère presque plus rien; mais enfin il vit encore, et c'est beaucoup. On ne pénètre plus dans la chambre du Roi, excepté les gens nécessaires et M. le Chancelier qui s'y renferme, peut-être pour toute la nuit.»
Le lendemain 23, les billets se succèdent tous plus inquiétants les uns que les autres.
«8 h. du matin.
«Il n'y a plus d'espérance de conserver notre bon Roi; il n'a plus qu'un souffle de vie.»
«10 h. du matin.
«Les médecins ne donnent pas quatre heures de vie au malheureux prince.»
«11 h. du matin.
«Je n'ai rien de plus à vous dire sur l'état du Roi, que ce que je vous en ai marqué. Sa Majesté a donné quelques signes de connoissance, mais sa situation est absolument désespérée; je ne vous parle pas de l'accablement de la Cour. Nous sommes tous dans la douleur.»