«Ne me laissez pas dans l'incertitude; je suis d'une affliction et d'un découragement qui m'effraieraient si je croyais aux pressentiments.

«Le prince va être bien heureux de vous posséder; il n'en connaîtra pas le prix si bien que moi. Dites-lui bien que vous n'irez plus à Haroué avant mes couches; je ne le souffrirai pas.

«Si vous ne rassurez pas mon cœur, si vous ne m'écrivez pas tendrement, je serai bien à plaindre. Je ne me ferai soigner qu'à votre retour. J'espérais travailler pendant votre absence, je ne l'ai pas encore pu.

«J'ai un mal de reins insupportable et un découragement dans l'esprit et dans toute ma personne dont mon cœur seul est préservé...

«Je finis, parce que je ne puis plus écrire.»

Le jour même, la marquise pouvait encore aller à pied jusqu'à Jolivet, pour surveiller les ouvriers et les travaux d'installation.

Le 31 août, elle écrivait encore:

«Samedi, au soir.

«Vous me connaissez bien peu, vous rendez bien peu justice aux empressements de mon cœur si vous croyez que je puisse être deux jours sans avoir de vos lettres, lorsqu'il m'est possible de faire autrement...

«Quand je suis avec vous, je supporte mon état avec patience, je ne m'en aperçois souvent pas; mais, quand je vous ai perdu, je ne vois plus rien qu'en noir.