Au dos de cette lettre, la reine Catherine écrivit à son tour:

«Le roi vous ayant expliqué mes sentiments au sujet de Mme de Montrevel, je n'y joigne, sinon que je me flatte de l'obtenir de l'amitié de Votre Eminence, étant de tout mon cœur sa très affectionnée cousine et amie.

«Catherine.»

CHAPITRE VIII
(1745 à 1747)

Le peuple et la noblesse se rallient à Stanislas.—Le règne de Mme de Boufflers.—Ses luttes avec le Père de Menoux.

A partir de 1745, une transformation complète s'opère en Lorraine. Les derniers événements ont prouvé aux habitants que tout espoir de retrouver leur ancienne nationalité est perdu et que leur sort est irrévocable. Ils s'inclinent donc devant la destinée et cherchent à s'accommoder le mieux possible du régime qui leur est imposé.

Quant à Stanislas, rassuré désormais sur l'avenir, il reprend bien vite ses paisibles habitudes et il poursuit plus que jamais l'œuvre qu'il a si habilement commencée: il s'efforce de rallier au nouveau régime la noblesse et le peuple et de transformer sa cour en une cour élégante et lettrée.

L'essor qu'il sut donner au commerce, à l'industrie; l'intelligence avec laquelle il favorisa les arts; les travaux considérables qu'il fit entreprendre et les embellissements dont il orna Lunéville et Nancy amenèrent la prospérité et la richesse dans le pays, et attirèrent au roi de Pologne bien des partisans. L'éclat et le renom dont il sut entourer la cour de Lunéville ne lui furent pas non plus inutiles; on était flatté d'appartenir à ce petit pays dont toute l'Europe parlait avec envie et éloges.

En même temps que par ses bienfaits, sa simplicité, sa bonhomie Stanislas ramenait peu à peu à lui la population lorraine, par des titres et des faveurs habilement distribués il s'attachait toute la noblesse du pays.