«Vous me manderez la réponse de M. Cerutti qui sera plus sienne que celle de la duchesse.»

Donc Panpan se rend directement à Fléville et quelques jours après Mme de Boufflers vient l'y rejoindre.

La réunion fut ce qu'elle devait être, charmante pour tous ces vieux amis ravis de se retrouver. Mais les meilleures choses ont une fin, il fallut encore une fois se quitter.

Mme de Boufflers, qui ne veut pas abuser de la province, va passer les mois d'automne auprès de ses amis de Paris, mais elle se montre raisonnable et ne s'attarde pas dans ce séjour dangereux.

A peine est-elle de retour à Nancy que survient un événement qui bouleverse toute cette petite société. Mme de Neuvron succombe presque subitement. Mme Durival, qui perd en elle une de ses plus chères amies, est dans un véritable désespoir, mais elle a du moins la consolation de recevoir de tout son entourage les marques du plus tendre attachement. Ils sont tous amis si bons, si dévoués, si pleins de compassion pour le malheur d'autrui.

Dès qu'elle apprend le coup qui vient de frapper Mme Durival, Mme de Boufflers lui écrit:

«Jeudi.

«J'ai été déjà bien pénétrée de votre douleur, mais il n'appartient qu'à vous, ma meilleure amie, de sentir ce que j'ai dû éprouver en apprenant que vous aviez pensé à moi, que vous aviez voulu me le dire, ce mouvement si tendre, si touchant, m'a d'abord arraché des larmes et je sens que j'en conserverai toute ma vie l'impression; elle me rendra l'amitié de ma céleste amie encore plus précieuse, elle rendra la mienne encore plus tendre[ [90]

La marquise écrit également à Panpan, qui, lui aussi, a besoin de consolations, car Mme de Neuvron était pour lui une amie très sûre et très fidèle:

«Fléville.