«La dernière a dû vous être remise mercredi par un M. Louis, fils de Mme Philips, auquel on a donné douze sols et qui a dit que vous l'auriez à six heures du soir. Je vous parlais du désir que Mme Durival a de vous voir, parce qu'elle m'avait priée de vous le dire comme de moi, pour ne pas vous gêner. Elle a déjà envoyé deux fois savoir votre réponse.

«Elle est bien touchante par sa douleur et par son courage. J'aimerais Mlle de Juvincourt de sa conduite avec elle, quand elle n'aurait pas d'autre mérite.»

En 1772, Mme de Boufflers passe l'hiver à Nancy avec sa fille. Elle voit beaucoup de monde, reçoit ses amis et donne à souper fréquemment; mais si elle réside officiellement dans la capitale de la Lorraine, elle va fréquemment à Fléville voir la duchesse de Brancas, Mme Durival, Mme de Lenoncourt, etc. Panpan fait très souvent partie de ces aimables réunions. Quand il part pour retourner à Lunéville, c'est une désolation générale.

Le 6 mars, Mme de Boufflers lui écrit:

«Nancy, 6 mars.

«Vous auriez dû rester, mon cher Veau, ne fût-ce que pour être témoin des cris que la duchesse a faits sur votre départ. Pour moi qui ne criais pas, j'étais, sans mon Veau, comme ce perruquier de Paris qui disait à M. de Craon: Monsieur, avec cette perruque, vous avez l'air de ces gens qui sont tout seuls au monde. Voilà ce qui m'arrive toujours quand vous me quittez.

«J'ai persisté à ne pas augmenter la table de dix couverts, et cela était d'autant plus à propos que nous n'étions que neuf, le baron de Lu... et l'abbé, ainsi que Mme de Lenoncourt ayant manqué. Le dîner était excellent, on a beaucoup mangé et gaiement. La duchesse a dit qu'elle voulait faire une satire contre vous.

(De la main de Mme de Boisgelin.)

«Maman est on ne peut plus touchée de l'état de Mme Marcel, et elle voudrait bien que la part qu'elle y prend pût lui donner quelques moments de consolation. Maman voudrait bien qu'elle se mît au lait pour toute nourriture.

«Dis-lui aussi un mot de ma part, mon cher Veau.