«Je me porte bien, je cours à ma mère. Je pars demain en voiture et j'arriverai dans trois jours.
«Adieu, cher Panpan, vous savez combien je vous aime, et je sais combien nous devons tous vous aimer.»
CHAPITRE XIII
1775-1777
Mme de Boufflers et Mme de Lenoncourt à Nancy.—Leur désir d'avoir Panpan auprès d'elles.—Résistance de Panpan.—Mauvaise santé de Mme de Lenoncourt.
Mme de Lenoncourt avait été ravie de voir Mme de Boufflers venir s'installer définitivement à Nancy. Les petites tracasseries qui s'étaient élevées entre ces deux dames pendant leur séjour à Paris s'étaient bien vite effacées; Mme de Lenoncourt aimait son amie de plus en plus: «Je n'ai envie d'être aimable pour personne comme pour elle, écrivait-elle.»
Toutes deux avaient arrangé leur existence de façon à se voir le plus souvent possible. Elles soupaient presque tous les soirs ensemble, soit chez elles, soit chez des amis communs. Mais autant les soupers en tête à tête, ou en petit comité, étaient charmants, autant ceux qu'il fallait faire dans la société de Nancy étaient ennuyeux pour la plupart.
Mme de Lenoncourt a su cependant grouper autour d'elle quelques amies très intimes avec lesquelles elle est en grande sympathie d'idées et de sentiments. En 1774, elle s'est enrhumée un peu avant Pâques et elle écrit à Panpan comment elle a su tirer parti pour son plus grand agrément de ce rhume providentiel:
«Je ne me suis point ennuyée pendant la semaine sainte, mon Veau. Mon rhume m'a dispensée des dévotions. Je me suis renfermée avec trois ou quatre personnes aussi pieuses que moi qui ne m'ont pas quittée et nous avons joué et mangé comme le mardi-gras![ [110]»
A part quelques amis de son choix et qu'elle voit sans cesse, Mme de Lenoncourt n'a que des relations superficielles et qui ne lui sont d'aucune ressource. Cette société de Nancy est odieuse, tout le monde se hait, se déchire, c'est une guerre perpétuelle; on n'a qu'une idée, c'est de fuir cette ville insupportable.