«Adieu, moitié de moi-même, dis de ma part tout ce que tu sais dire de plus tendre à Madame la maréchale et ajoute que ce sont des brutalités en comparaison de ce que je pense.

«Baisez les yeux de ma mère s'ils vont bien, et s'ils vont mal baisez-les encore plus.»

Les indispositions de Mme de Boisgelin n'étaient pas toujours d'aussi peu d'importance. Une fois elle fut prise d'une crise cardiaque assez grave, et son état causa assez d'inquiétudes pour que Boufflers crût devoir rassurer sa mère:

«Ce 11.

«Votre grande fille se rétablit de jour en jour, mais je crains que la cause du mal ne reste après la guérison, car elle a toujours des palpitations de cœur à chaque mouvement qu'elle fait. Il me semble que vous aviez autrefois quelque remède ou secret pour cela, que vous feriez bien de lui envoyer.

«Pour moi, je suis honteux de ma graisse; cela a trop l'air de vouloir se distinguer de sa mère et de sa sœur; j'espère, malgré cela, vous voir le mois prochain et je souhaite que cela vous fasse le même plaisir qu'à moi, mais cela ne serait pas dans l'ordre; il faut vous rendre et me faire justice.

«Vos petites chansons sont aussi jolies que leurs sœurs, elles ont l'air un peu grêle sur le papier; elles ressemblent à leur auteur qui a toujours eu tant d'esprit et si peu de corps; on en peut dire autant de M. de Nivernais, dont on ne vous aura point laissé ignorer les réponses.

«Adieu, chère mère, je me réjouis de ce que je vous verrai dans un mois et je m'afflige de ce que dans deux mois je ne vous verrai plus.»

Quelquefois le chevalier n'a pas le temps de tenir la plume et il a recours à une main étrangère, mais sa prose n'en est pas moins originale et vive.

«Bonjour, ma fille, je te chéris de toute mon âme.