«Boulogne, 30 juillet.

«... Il ne faut pas t'attrister de me voir sérieux, ma chère enfant. Selon toute apparence, si je l'avais toujours été un peu davantage, j'aurais moins de sujets d'être triste à présent, mais quelque sujet que j'en puisse avoir, je ne le serai jamais au point d'inquiéter personne.

«Adieu, ma longue enfant, je t'embrasse bien délicatement au point de te casser. Si tu es à Versailles, cours bien vite baiser les pieds, les mains, etc., de ta blanche voisine. Ce n'est pas la comtesse de Grammont.»

A force de chercher à tirer le chevalier du mauvais pas dans lequel il est engagé, Mme de Boisgelin et Mme de Mirepoix finissent par imaginer une combinaison qui, si elle réussit, sauvera la situation. Il s'agit tout simplement de trouver quelqu'un qui consente à échanger les abbayes de Boufflers contre des terres; de cette façon les dettes du chevalier seront garanties sur quelque chose de tangible, tandis qu'actuellement elles ne le sont sur rien.

Boufflers trouve l'idée merveilleuse, il l'approuve des deux mains.

«14 août 1779.

«Vous êtes une aimable enfant, ma grande fille, et avez cela de commun avec notre mère commune, la maréchale de Mirepoix. Je jouis de tous les soins que l'on veut bien prendre de mes affaires; elles ont bien besoin que quelqu'un s'en mêle, car je m'en suis si peu mêlé en ma vie que je ne sais à présent par où m'y prendre. Mais la lettre de ma tante me paraît un moyen victorieux;

Il me semble déjà
Que je vois tout cela.

«Ajoutez à mes mérites et à mes dépenses que l'avant dernière année j'ai passé sept mois à mon régiment, la dernière année j'en ai passé huit et peut être celle-ci en passerai-je quinze, comme ce hussard qui était trente six heures par jour à cheval.

«Enfin, mon grand cœur, il me semble que mes intérêts n'ont jamais été en aussi bonnes mains, et si notre plan réussit, je vous ferai chanter un Te Deum par mes créanciers, sans quoi il faudrait pour eux un Libera...