«L'évêque et lui ont des assemblées superbes et charmantes. Tous les appartements échauffés et éclairés comme ceux de Mme de Chaulnes, quand Monsieur y dînait. Les grands soupers suivent.

«Je dîne demain chez Mme de Grenville avec ma Durival, et puis encore avec elle chez mon Dumast. Nous dînons ici ensemble, quelquefois aussi à Fléville. Nous buvons du vin d'Arbois. Enfin nous passons assez bien notre temps d'exil; mais en sentant toujours qu'il n'y a point de bonheur sans vous, car l'amusement ne vous remplace pas.

«Je suis fâchée de toutes ces dépenses qui vous mettent mal à l'aise. J'espère, au mois de février, être en état de vous faire des offres d'argent.

«M. de Beauvau m'a envoyé une espèce de tasse renforcée qui est la plus jolie chose du monde. Il souffre toujours, mais il se croit pourtant mieux.

«Ce qui fait que les poires ne sont pas bonnes, c'est qu'on les a faites avec du jus de raisiné, qui est une des plus mauvaises choses que je connaisse.

«15 décembre.

«Si je trouve une occasion, je vous enverrai trois livres de café.

«Il n'y a rien de si noble que de te demander un envoi de confitures de Rousselet, car c'est d'un ragoût que l'on n'a point goûté.

«Je vous enverrai une vieille paire de gants, car je venais d'en faire des générosités à Manon et à Nanette.

«J'ai eu hier une assemblée si nombreuse qu'on ne savait où se mettre. C'était surtout des Anglais. On a joué au vingt-et-un et au whist. Le souper était de vingt couverts, excellent. Sept ou huit personnes étaient restées dans le salon, faute de place.