Mme de Boufflers s'inquiète de Mme Durival, dont le chagrin, loin de s'atténuer, ne fait que croître; elle lui écrit tendrement en l'exhortant à reprendre courage et à se rattacher à la vie:
«4 juillet.
«On m'a dit hier que vous reveniez ici, ma céleste amie; ainsi, au lieu d'aller demain à Commercy comme j'en avais bien envie, j'allais envoyer savoir de vos nouvelles, quand M. Jobard m'a envoyé celles qu'il venait de recevoir de madame sa femme.
«Il ne faut pas qu'une raison supérieure comme la vôtre cède à la sensibilité, car quelque aimable que soit cette qualité elle deviendrait faiblesse, si on ne lui opposait pas le courage qui convient.
«Je suis bien touchée de l'attention que Mlle de Juvincourt a eue de me faire savoir de vos nouvelles; je ne sais si je vous ai parlé du tendre intérêt de M. de Bauffremont. Mme de Lenoncourt m'a chargée de vous dire que c'était par intention qu'elle ne vous écrivait pas.
«Pour moi qui sais bien que vous vous dites mieux que moi ce que je pourrais vous dire, je vous écris parce que je ne pense qu'à vous, depuis la dernière fois que je vous ai vue et qu'il m'est impossible de ne pas vous le dire.»
Cerutti était à Paris au moment de la mort de Mme Dufrène; dès qu'il apprend le malheur qui frappe son amie, il s'empresse de lui écrire:
«A Paris.
«Je prends une part véritable, madame, à la perte que vous venez de faire. C'est un cruel moment que celui où l'on reste seul de sa famille. Il est si doux de pouvoir nommer une mère, retrouver un père. Votre douleur est juste et loin de vous en distraire j'aime à y mêler les miennes.