«Si vous voyez notre Panpan, dites-lui de ma part mille choses. Mme de Brancas vous fait de tendres compliments.»

Les espérances de Cerutti ne devaient pas se réaliser; Mme de Brancas traîna encore pendant un mois et à la fin d'août elle succomba. La douleur de son protégé fut profonde et il exprime en termes touchants à quel point il ressent le coup qui le frappe dans sa plus chère affection. Il écrit à Mme Durival:

«Paris, 4 septembre 1784.

«Nulle expression, madame, ne peut rendre la douleur que je sens; nulle consolation ne peut la calmer. En devenant moins violente, elle devient plus amère. Le poids des réflexions m'accable. Le présent ne m'offre qu'un tombeau et l'avenir qu'un abîme. Sans cesse je vois devant moi la tête mourante de ma bienfaitrice. Sans cesse je l'appelle. Hélas! ses grands yeux qui s'ouvraient sur moi avec une tendresse si maternelle sont fermés pour jamais. Hélas! je n'entendrai plus mon nom prononcé par elle! Je voudrais fuir au bout du monde...

«Je me sens dans le cœur une répugnance universelle. Ses amis et amies de Fléville sont les seuls où j'attache mes dernières espérances. La pitié généreuse me comble ici de soins. J'ai peine à y répondre. Les larmes de l'affliction ne m'en laissent pas pour la reconnaissance.

«Dès que je peux m'échapper, je cours sur les hauteurs de Montmartre, et de là je contemple avec un saisissement terrible les tours de Saint-Sulpice. Je pleure, j'invoque celle qui repose sous ces imposants édifices. Plongé dans les plus noires méditations, je voudrais m'abîmer dans le néant.

«Pardonnez, madame, si j'afflige votre sensibilité. Je ne voulais pas vous parler de mon désespoir. Je ne voulais que vous remercier de la lettre touchante que vous m'avez écrite.»

Mme Durival, amie dévouée et compatissante, fit tous ses efforts pour relever le courage du malheureux Cerutti; ce dernier, reconnaissant, lui répondait:

«Paris, 21 septembre 1784.