A cette nouvelle, le pauvre vieillard désespéré demande encore secours et appui à Mme de Boisgelin; il la supplie de faire intervenir tous ses amis: lui-même va écrire à Mme de Grammont, à Mme de Beauvau, à M. de Nivernais; il faut absolument qu'on détourne de lui ce coup qui lui serait fatal.
S'il doit perdre ses pensions, il serait en vérité tenté d'envier le sort de Mme de Bassompierre. Supporter à la fois la vieillesse, les infirmités et la misère est au-dessus de ses forces.
Mme de Boisgelin le rassure, lui promet de s'occuper de lui.
Il lui répond, ravi, le 10 août:
«Mon Dieu, madame la comtesse, quel baume vous répandez dans mon âme en me montrant le vif intérêt que vous daignez prendre au sort de votre pauvre vieux Veau. Que votre lettre est bonne, qu'elle est prompte, qu'elle me touche!... Je tiens donc encore par quelque fil à ce que j'ai perdu. Vous aimez encore ce que daigna si longtemps aimer votre adorable mère...»
Panpan allait bientôt avoir d'autres soucis.
Stanislas avait autrefois voulu faire nommer son lecteur à la survivance de Solignac, au secrétariat de la Lorraine; mais il n'avait pu l'obtenir du duc de Fleury. Comme compensation il avait exigé pour Panpan une pension de 500 livres sur cette place, et elle avait toujours été exactement payée.
En 1788, apprenant que le duc de Fleury était au plus mal, Panpan écrivit au prince de Beauvau «comme au chef de la maison du roi de Pologne, qui devait protéger ses gens et ses bienfaits». En même temps il lui envoyait «une attestation de la main même toute tremblante du bon roi». Mais le maréchal la renvoya simplement, en disant qu'elle était sans valeur et en conseillant à Panpan «de prier Dieu pour la conservation de M. le duc de Fleury.»
Le Veau, affolé, s'adresse à Madame Adélaïde et à son secrétaire des commandements, le comte de Narbonne. Il reçoit peu après cette réponse:
«Votre affaire est faite. M. de Brienne vient de me promettre que dans huit jours vous auriez pour vos 500 livres un titre avec lequel vous n'aurez jamais à avoir la moindre inquiétude.