«Madame Adélaïde est très piquée que vous vous adressiez à elle pour de pareilles billevesées, et pour vous en marquer son mécontentement, elle vous condamne, mon ami, à recevoir d'elle une gratification annuelle de 480 livres. J'espère vous les porter moi-même en allant rejoindre mon régiment qui est en Alsace, et je serai, je vous jure, beaucoup plus heureux que vous.
«Je vous aime et je vous embrasse de tout mon cœur.»
On peut supposer la joie de Panpan à cette nouvelle inespérée! Il croit rêver! C'était bien un rêve en effet, car il ne toucha jamais un sol des deux pensions si libéralement octroyées.
Au mois d'avril 1788, le chevalier de Boufflers vient à Nancy dans l'espoir de se faire élire aux États généraux. «Malgré une cuisse bien hypothéquée et d'autres infirmités qui s'accroissent tous les jours,» Panpan se traîne à Nancy pour lui faire sa cour.
Il écrit le 12 avril à Mme de Boisgelin:
«Le charmant chevalier est aimé ici de tout le monde et admiré dans tout ce qu'il dit et dans tout ce qu'il fait. J'ai dîné hier chez lui avec tout son bureau de notables et je viens d'y dîner aujourd'hui avec Mme de Lenoncourt et Mme Durival...»
Quoi qu'en dise Panpan, le chevalier n'avait pas particulièrement à se louer de l'accueil de ses compatriotes et il faisait part à sa sœur de ses déceptions:
«Ce 29.
«Tu apprendras sans étonnement, ma chère enfant, que MM. de Raigecourt, le Sourdeau, et de Ficquemont, le braconnier, l'ont emporté sur moi à Lunéville malgré tous les soins et les efforts de ce pauvre Panpan qui, dans cette occasion-ci, m'a marqué une amitié dont je ne pouvais pas me flatter.
«Je n'ai point d'espérance à Nancy pour moi, j'en ai même bien peu pour mon oncle dont je sers, autant que je le puis, les intérêts, quoiqu'il me paraisse assez froid sur les miens.