Occupés l'un de l'autre, objets de leurs pensées,
Par un zèle facile, un doux empressement,
Ils expriment encore le même sentiment.
Oh! vous, couple sublime et sage,
Qu'un siècle corrompu, l'exemple de la Cour,
N'ont jamais égaré: ce pur et tendre amour
Au déclin de vos ans sera votre partage.
Pendant la dernière année de sa vie, M. de Beauvau fut heureusement distrait du drame effroyable qui s'accomplissait autour de lui par d'agréables soins de famille. N'ayant pas d'enfant mâle, il avait reporté toutes ses affections sur son neveu, le prince Marc de Craon, et il le regardait comme son véritable fils.
M. de Craon avait émigré avec sa mère et tous deux avaient fixé leur résidence à Aix-la-Chapelle. En 1792, le jeune homme, il n'avait guère plus de dix-neuf ans[ [196], annonça à son oncle son mariage avec Mlle de Mortemart. Cette union avec une famille à laquelle l'attachaient tant de liens d'amitié, comblait tous les vœux du vieux prince.
Le mariage fut célébré à Aix-la-Chapelle en mai 1792. M. et Mme de Beauvau envoyèrent à leur nièce comme cadeau de noces une montre avec sa chaîne.