Mme de Beauvau écrit encore à sa nièce le 10 janvier:
«10 janvier 1793.
«Je ne crois pas, ma chère nièce, qu'on ait jamais autant aimé une personne qu'on n'a pas encore le plaisir de connaître: il est vrai qu'il est impossible de se rendre plus aimable que vous l'êtes pour M. de Beauvau et pour moi; il est vrai encore que tout ce qui vous connaît nous parle de vous avec éloges...
«M. de Beauvau est charmé d'être le parrain de votre enfant, comme il veut ainsi en être le père. C'est une obligation de plus que vous a (mot manquant) votre mari d'avoir augmenté beaucoup par votre union avec lui l'intérêt que lui portait déjà son oncle.
«Mme de Craon est charmée de vous; nous regrettons de ne pouvoir partager ses soins dans une circonstance aussi intéressante, j'espère qu'elle nous donnera promptement et régulièrement de vos nouvelles.
«M. de Beauvau a demandé que votre enfant s'appelât Charles, et moi je demande qu'on lui donne les deux noms de son parrain Charles-Just. J'espère qu'il justifiera comme lui ce dernier.
«Princesse de B.»
Pas un mot des événements terribles qui se préparent, pas une allusion au procès du roi!
M. et Mme de Beauvau, toujours tendrement occupés de la jeune Nathalie, veulent lui envoyer un souvenir pour le moment de ses couches. Après bien des recherches, ils lui expédient une jolie tasse à bouillon avec la soucoupe et aussi un petit coquetier de porcelaine.
«17 février 1793.