La pension que Stanislas lui avait accordée avait été maintenue par l'Assemblée nationale et Panpan était inscrit au nombre des pensionnaires de la République, mais hélas! il était payé en assignats et sa pension était bien insuffisante pour le préserver de la misère. Malgré sa philosophie, il souffrait cruellement de cet état précaire.

Il n'avait plus que deux amis, Guibal, le notaire, qui venait encore presque chaque jour chez lui faire sa partie d'échecs, et Mme Durival, avec laquelle il était resté en relations très intimes.

En 1795, sentant ses forces décliner de plus en plus, Panpan comprit qu'il ne tarderait pas à aller rejoindre les amis qui l'avaient précédé dans la tombe; il comprit que l'heure était venue de prendre ses dispositions dernières.

Poussé par le désir si humain de ne pas disparaître tout entier et de laisser après lui une trace, si légère fût-elle, de son passage en ce monde, il se décida à léguer ses manuscrits à Mme Durival, avec l'espoir qu'elle les publierait un jour.

En lui envoyant le volumineux dossier qu'elle ne devait ouvrir qu'après sa mort, il lui écrivait:

A mon adorable amie Mme Durival.

Trop souvent l'avenir nous gâte le présent.

D'un éternel oubli la crainte m'importune,

Un portefeuille complaisant

Me paroit, pour mes vers, une bonne fortune;