Voilà à quel état se trouvait réduit celui qui avait fait les beaux jours de la cour de Stanislas, la coqueluche des belles dames de Lunéville, l'amant heureux de Mme de Boufflers, l'heureux rival de Voltaire et de Rousseau.

Saint-Lambert s'éteignit sans s'en douter, le 9 février 1803, chez Mme d'Houdetot, à l'hôtel de Beauvau, rue du faubourg Saint-Honoré.

Il fut d'abord enterré au cimetière sous Montmartre, puis son corps fut transporté au Père-Lachaise, à côté de Delille.

Mme d'Houdetot[ [206] lui survécut plus de dix ans. Elle succomba le 28 janvier 1813, âgée de quatre-vingt-cinq ans.

CHAPITRE V
1789-1800

Le chevalier de Boufflers et Mme de Sabran pendant la Révolution.—Leur séjour à Wimislow.—Leur retour à Paris en 1800.

Qu'étaient devenus le chevalier de Boufflers et Mme de Sabran depuis que la Révolution s'était déchaînée sur la France?

Le chevalier, retenu par le mandat de ses électeurs et aussi par le souci de ses intérêts personnels, était resté à Paris; la comtesse, que les troubles de la rue effrayaient et qui ne partageait pas les illusions de son ami sur la douceur de la populace, avait préféré s'installer en Suisse d'abord, puis en Lorraine, en attendant des jours plus calmes.

En 1789, Boufflers, que les événements se sont rapidement chargés d'éclairer, envoie de Paris à Mme de Sabran ces lignes découragées: