Elle lui écrit en mars 1770.

«Paris, 5 mars.

«Il s'en faut bien, mon cher cœur, que je vous croie un tort, mais j'ai été fâchée de la publicité de mon projet, à cause des importunités que cela m'attire. Il faut renoncer à cet appartement dont l'idée m'enchantait. Tout le monde dit que ce serait loger dans des casernes. Ainsi, il faut se retourner et songer à votre maison. Acheter à vie, est-ce payer tous les ans le loyer comme mon frère fait de la maison qu'on lui bâtit actuellement[ [61]? Autrement je ne pourrais pas payer, n'ayant pas d'argent. Voyez comment vous pouvez arranger cela. Il ne faut pas songer à l'hôtel de Craon que mon frère compte vendre à la première occasion[ [62].

«Adieu et bonjour, mon cher ami, je vous embrasse mille fois.

(D'une main étrangère.)

«Le remède qu'on applique à l'œil de Mme la marquise lui fait quelque bien et on lui fait espérer qu'avec le temps, il guérira tout à fait. L'oculiste est de Lyon; il est à Paris pour affaires. Il est connu par des cures extraordinaires.»

Cette proposition, qui aurait dû combler de joie le vieux Panpan, ne parut pas le séduire le moins du monde.

Il reçut avec beaucoup de froideur les offres de son amie et il souleva plusieurs objections: la principale était que sa modeste demeure ne pouvait convenir à une grande dame, qu'elle n'y trouverait pas l'élégance et le faste auquel elle était habituée, enfin il s'étendait sur des considérations de décence, de convenance, qui, sous sa plume, étaient au moins assez singulières.

Mme de Boufflers réfute ses objections avec autant d'esprit que de cœur: