—Ma foi, je ne l'ai pas encore vue. Faut qu'elle ait mal dormi, et madame pareillement.

—Vous n'avez donc pas encore pu remettre ma lettre?

—Non, monsieur; la voilà avec votre louis d'or, sur le bord de l'auge à ma vache. Prenez-les, puisque vous allez voir madame vous-même, et peut-être avant moi.

Adriani reprit la lettre et laissa le louis.

—Eh bien, et ça? dit Mariotte.

—C'est pour vous.

—Pour moi? Tiens, pourquoi donc?

Adriani était déjà sorti du cellier et retournait vers la maison. Tout à coup une idée le frappa. Il revint sur ses pas.

—Mariotte, dit-il à la fille au front bas, qui examinait son louis en riant toute seule et très-haut, à quelle heure mademoiselle Muiron vous a-t-elle donc remis cette lettre pour moi?

—Ma foi, monsieur, elle m'a réveillée au beau milieu de la nuit pour me dire que, sitôt levée, il faudrait vous la porter. Je ne sais pas quelle heure il faisait, mais le jour ne se montrait point du tout.