Charles[1] m'a écrit une lettre fort revêche. Il a eu tort. Je le lui pardonne de tout mon coeur. Il a pris trop à coeur l'affaire de son piano. Aussi il a été bien négligent de le laisser enfermé dans sa chambre, ne servant à rien et m'exposant aux méfiances et aux tracasseries du facteur, qui déjà menaçait de me faire payer. Cela ne m'aurait pas été facile, vu l'état de mes finances, pas brillant tous les jours.

Comment! tu n'es pas amoureux? Eh bien, mon cher, tu as peut-être parfaitement raison. Toute chose excellente a son mauvais côté; toute chose détestable a son avantage, et nous sommes, tous, fous et bêtes. Tâchons d'être le moins méchants possible, avec ou sans amour; soyons fidèles à l'amitié.

Ton ami

GEORGE.

[1] Charles Rollinat, musicien, frère cadet de François.

CVIII

A MADAME MADRICE DUPIN, A PARIS

Paris, jeudi, décembre 1833.

Ma chère maman,

Je vous envoie le lit de Maurice et sa petite boîte de crayons, pour qu'il fasse des bonshommes et se tienne tranquille auprès de vous.