—Je t'avais déjà défendu...

—J'ai pas désobéi. Ce qu'il m'avait donné hier, c'était pour te régaler, puisqu'il ne pouvait pas venir lui-même; eh bien! j'avais encore vingt sous, je me suis amusé avec. Voilà-t-il pas!

—Il faudra lui rendre ça. C'est bien assez qu'il paye notre loyer, ce qui me permet d'épargner de quoi t'empêcher d'aller tout nu.

—Jolie épargne! Tous tes bijoux sont lavés; tu es bien bête de rester avec Guguz! Il est joli homme, je ne dis pas, et il est amusant quand il chante; mais il est panne, vois-tu, et il n'a pas que toi! Un de ces jours, il faudra bien qu'il te lâche, et tu ferais mieux...

—De quoi? qu'est-ce qui serait mieux?

—D'avoir un mari pour de bon, quand ça ne serait qu'un ouvrier! J'en sais plus d'un dans le quartier qui en tiendrait pour toi, si tu voulais.

—Tu parles comme un enfant que tu es. Est-ce que je peux me marier?

—A cause?... Je ne suis plus enfant, moi; comme disait Guguz l'autre jour, je ne l'ai jamais été. Y a pas d'enfants sur le pavé de Paris: à cinq ans, on en sait aussi long qu'à vingt-cinq. Faut donc pas faire de grimaces pour causer... Nous n'avons jamais parlé de ça tous les deux, ça ne servait de rien; mois voilà que tu me dis qu'il ne faut plus prendre l'argent à Guzman. Tu as raison, et moi je te dis qu'il ne faut plus en recevoir non plus, toi qui parles! Je dis qu'il faut le quitter, et prendre un camarade à la mairie. Y a le neveu au père Moynet, Antoine, de chez le ferblantier, qui a de quoi s'établir et qui te trouve à son goût. Il sait de quoi il retourne; mais il a dit devant moi à son oncle:—«Ça ne fait rien; avec une autre, j'y regarderais, mais avec elle...—Et le père Moynet a répondu:—T'as raison! Si elle a péché, c'est ma faute, j'aurais dû la surveiller mieux. J'ai pas eu le temps; mais c'est égal, celle-là c'est pas comme une autre; ce qu'elle promettra, elle le tiendra.» Voyons, faut dire oui, Francia!

—Je dis non! pas possible! Antoine! Un bon garçon, mais si vilain! Un ouvrier comme ça! C'est honnête, mais ça manque de propreté,... c'est brutal... Non! pas possible!

—C'est ça! il te faut des perruquiers qui sentent bon, ou des princes!