LE CHATELAIN.

Pèlerin, si c'est là le dernier couplet de ta chanson, et si c'est le dernier chapitre de ton histoire, si tes paroles, ton aspect et ton humeur ne mentent pas, si tu es un meurtrier....

LE VOYAGEUR.

Eh bien! tu as peur?

LA HERMOSA, bas, regardant le pèlerin.

Il est beau ainsi!...

LE VOYAGEUR, éclatant de rire.

Ah! ah! en vérité, vous me feriez mourir de rire; ah! ah! ah! tous ces braves champions, tous ces buveurs intrépides, les voilà plus pâles que leurs coupes d'agate; gare, gare, place au spectre! Eh bien! le voyez-vous, ah! ah! mais non, c'est une autre ombre, elle m'apparaît à moi, je la vois... Je l'attends, écoutez ce qu'il chante.

(Il chante.) Moi qui suis un vaillant guerrier, je mène une superbe vie, je tiens l'ennemi bloqué dans la montagne, je le serre, je l'épuise, je le presse, je l'égare, je l'enferme dans les gorges inexorables, j'anéantis ses phalanges effarées, je déchire ses bannières sanglantes, je foule aux pieds de mon cheval et la force, et l'audace, et la gloire, et quand le clairon sonne, en avant, mon panache noir! victoire, victoire! Voici mon noir cimier qui flotte au vent à demi brisé par les balles.

LE CHŒUR.