J'obéis. Impéria entra seule. Bellamare, ne voulant pas gêner les épanchements des deux femmes, monta à l'appartement qu'on lui avait préparé. Madame de Valdère reçut Impéria en lui tendant les deux mains et en l'embrassant.

—M. Bellamare, lui dit-elle, a dû vous prévenir un peu?

—Il m'a dit, répondit Impéria de sa voix nette et assurée, qu'une dame charmante, bonne, belle et instruite m'avait vue autrefois sur les planches… je ne sais où! et avait daigné me prendre en amitié; que cette dame, me sachant dans les environs, désirait me voir pour me faire une communication importante. J'ai eu confiance, et je suis venue.

—Oui, reprit madame de Valdère, dont la voix tremblait; vous avez eu raison. J'ai pour vous la plus grande estime;… mais vous êtes fatiguée, c'est peut-être trop tôt…

—Non, madame, je ne suis jamais fatiguée.

—Vous avez froid…

—Je suis habituée à tout.

—Prenez une tasse de chocolat que j'ai fait préparer pour vous.

—Je vois aussi du thé. Je le préférerais.

—Je vais vous servir; laissez, laissez-moi faire. Pauvre enfant! que cette vie que vous menez est rude pour une personne si délicate!