—Et l'on vous a dit qu'il était fort laid?
—Oui, parce qu'il a une grande barbe, et que je pense qu'il doit ressembler au moine que je déteste. Mais ce moine, il ne vient donc pas? Quand il sera venu, je pourrai m'en aller, n'est-ce pas, seigneur?
—Vous avez hâte de partir, Mila? vous vous déplaisez donc beaucoup ici?
—Oh! nullement; mais j'aurais peur de m'en aller la nuit.
—Je vous reconduirai, moi.
—Vous êtes bien bon, seigneur; je ne demande pas mieux, pourvu qu'on ne vous voie pas. Mais cet abbé Ninfo, est-ce que vous allez lui faire du mal?
—Aucun mal. Je présume que vous n'auriez pas de plaisir à l'entendre crier?
—Dieu du ciel! je ne voudrais être ni le témoin ni la cause d'aucune cruauté; mais si le Piccinino vient ici, je tremble qu'il n'y ait du sang répandu. Vous souriez, seigneur! dit Mila en pâlissant... Oh! j'ai peur maintenant! Faites-moi partir aussitôt que l'abbé aura mis le pied dans la maison.
—Mila, je vous jure que l'abbé ne sera l'objet d'aucune cruauté de ma part. Dès que je serai assuré de sa personne, le Piccinino viendra et l'emmènera prisonnier.
—Et c'est par l'ordre de madame Agathe que tout cela se fait?