—Oui, demain. Pouvez-vous m'entendre au parloir?

—Oui, à deux heures.

—Jurez-vous de ne pas sortir?

—Je le jure.

Mario vit, cette fois, avec plaisir, la porte du cloître se refermer entre Lauriane et lui; il l'y jugeait en sûreté, si Pilar ne l'y découvrait pas. Il fit l'exploration attentive des alentours du couvent, pour s'assurer qu'il n'avait pas été suivi et guetté par elle. Il la savait capable de sacrifier toute la communauté pour atteindre sa rivale.

Il rentra chez lui et ne l'y trouva pas. Clindor ne l'avait pas vue depuis que son maître était sorti.

Mario sentait renaître toutes ses inquiétudes; à tout hasard, il descendait vers la rue, lorsqu'il entendit un tumulte qui lui fit troubler le pas. Il vit Pilar, que des archers emmenaient à la lueur des flambeaux. Elle jetait de grands cris, des cris à la fois déchirants et féroces, et, lorsqu'elle aperçut Mario, elle étendit vers lui des mains suppliantes avec une expression de désespoir qui l'ébranla un instant.

—Ah! cruel! lui cria-t-elle, c'est toi qui me fais jeter dans un cachot pour prix de mon amour et de mes soins! Infâme! tu veux te défaire de moi. Sois maudit!

Mario, sans lui répondre, interrogea le chef de l'escouade qui l'emmenait.

—Pouvez-vous me dire, lui demanda-t-il, si vous l'emprisonnez pour une nuit comme vagabonde, ou pour longtemps comme prévenue d'un crime ou d'un délit quelconque?