—Certainement, monsieur, que je la vois et que je la reconnais bien! C'est celle que vous aviez perdue là-bas et que j'ai retrouvée entre deux carreaux; mais je vous jure, sur l'honneur, que je ne sais pas comment elle se trouve ici, et qu'en faisant votre couverture, je n'ai rien vu sur votre oreiller.

—Au moins, peut-être, pourras-tu me dire une chose que je n'ai jamais osé te demander après cette fièvre qui m'avait rendu fou pendant quelques heures. Par qui cette bague m'avait-elle été prise au château d'Ionis?

—Voilà ce que je ne sais pas non plus, monsieur! Ne vous la voyant plus au doigt, j'ai pensé que vous l'aviez cachée... pour ne pas compromettre...

—Qui? Explique-toi!

—Dame! monsieur, est-ce que ce n'est pas madame d'Ionis qui vous l'avait donnée?

—Nullement.

—Après ça, monsieur n'est pas forcé de me dire... Mais ça doit être elle qui vous l'a renvoyée.

—As-tu vu quelqu'un de chez elle venir ici aujourd'hui?

—Non, monsieur, personne. Mais celui qui a fait la commission connaît les êtres de la maison, pas moins!

Voyant que je ne tirerais rien de l'examen des choses réelles, je congédiai Baptiste et me livrai à mes rêveries accoutumées. Tout cela ne pouvait plus être expliqué naturellement. Cette bague contenait le secret de ma destinée. J'étais désolé d'avoir à désobéir à mon immortelle et j'étais heureux en même temps de m'imaginer qu'elle tenait sa promesse de veiller sur moi.