—Oh! oh! non pas, je ne suis pas lasse de vivre tant que j'aurai mon
Simon!
—Comment donc faire? dit Fiamma; chercher un cheval dans le village? Cela va nous retarder. Il est déjà quatre heures. Et si nous n'en trouvons pas, il faudra que Simon passe cette soirée dans la tristesse!
—Et cette nuit, dit Jeanne, oh! c'est cette nuit que je redoute pour lui; la dernière a été si terrible!
—Pauvre Simon! dit Fiamma. Allons, mère Féline, il n'y a qu'un moyen. Vous monterez sur Sauvage; il est doux comme un mouton quand je suis avec lui. Je le tiendrai par la bride, et je vous conduirai à pied jusqu'à la ville.
—Il y a trois lieues! Je ne le souffrirai jamais. Prenez-moi en croupe.
—Sauvage n'est pas habitué à cela; il pourrait nous jeter toutes deux par terre; d'ailleurs il est si petit que nous serions fort mal à l'aise sur son dos. Allons, je cours le chercher; êtes-vous prête?
—Je ne me laisserai jamais conduire par vous.
—Il le faut pourtant bien; ce sera charmant, nous aurons l'air de la Fuite en Égypte.
—Mais que va-t-on dire? Il ne faut pas nous montrer ainsi dans le village.
—Traversez-le à pied, et attendez-moi au grand buis, à l'entrée de la montagne; nous irons par la Coursière, nous ne rencontrerons personne. Allons, partez; j'y serai aussitôt que vous.»