Mon cher ami,

Soyez gentil. Tout en faisant votre fugue, refaites-moi tous ces contre-sujets. C'est mou, ça. Ce n'est pas net d'harmonie; ça manque d'élégance, de facilité. Ce n'est pas suffisamment musical. Allons, courage, à l'œuvre. Il est bien entendu qu'il ne faut pas refaire le contre-sujet marqué excellent. Faites une fugue avec ces sujets.

J'ai repris mes répétitions. Je sors, ou plutôt je ne suis pas sorti d'une grave inquiétude. Carvalho a été très bas (pas comme santé). Je le crois sauvé aujourd'hui, mais il ne faut pas trop crier. Il ne manquait plus que cela pour retarder encore.

Je suis toujours dans la même disposition d'esprit. Je travaille comme un nègre, leçons, éditeurs, etc. Tout cela m'éreinte, et ne répare pas les désastres du Vésinet. Enfin!...

À bientôt, cher, et toujours toute mon affection.

Janvier 1868.

Cher,

Quelques mots seulement pour vous souhaiter une existence plus conforme à vos goûts, à vos aspirations. G. me fait espérer que vous viendrez cet hiver! Je le désire de tout mon cœur. Je n'ai pas encore terminé l'examen de votre fugue. Mon ouvrage a obtenu un vrai et sérieux succès! Je n'espérais pas un accueil aussi enthousiaste et à la fois aussi sévère. On m'a tenu la dragée haute, on m'a pris au sérieux, et j'ai eu la vive joie d'émouvoir, d'empoigner une salle qui n'était pas positivement bienveillante. J'avais fait un coup d'État: j'avais défendu au chef de claque d'applaudir. Je sais donc à quoi m'en tenir. La presse est excellente! Maintenant, ferons-nous de l'argent? C'est ce que vous dira la prochaine lettre de votre dévoué ami.

Février 1868.

Excusez-moi! J'ai été souffrant, inquiet, découragé, accablé d'ennuis, de travail, de soucis, etc.