LES BOULEVARDS, L'HÔTEL DE SALM ET LES MOULINS DE MONTMARTRE.
Vue prise des Jardins suspendus de la rue Louis-le-Grand.
Aquarelle du XVIIIe siècle. Musée Carnavalet.

Montmartre, c'est le cabaret de Paris, c'est le rire bon enfant, c'est la blague. On s'y amuse la nuit et le jour on y travaille, car de tous temps les artistes y ont élu domicile: Henri Monnier, la duchesse d'Abrantès, Mme Haudebourg-Lescot, Mlle Mars, Horace Vernet, Berlioz, Ch. Jacque, Reyer, Victor Massé, Vollon, Manet, André Gill, Steinlen, Guillemet, Willette, Jules Jouy, Mac-Nab, Xanrof, Maurice Donnay. Leur souvenir y est vivant et respecté, la légende de leurs prouesses s'y est conservée. C'est l'Iliade de Montmartre.

UNE PLUME ESTAMPILLÉE DE PIGEON VOYAGEUR ayant apporté des nouvelles de province à Paris assiégé.
Musée Carnavalet.

A quelques mètres de ces rues bruyantes, commence la butte, sur laquelle, à la fin du siège, en 1871, les Parisiens avaient hissé les canons de la Garde nationale. Le Gouvernement tenta vainement de les reprendre, et l'on sait le reste: la résistance, les troupes débandées, les généraux Clément Thomas et Lecomte arrêtés, traînés dans une petite maison de la rue des Rosiers et fusillés contre un mur de jardin.

Il existe encore en partie, ce mur sinistre, et, si la maison a disparu où s'est accompli ce drame du 18 mars, un peu du tragique jardin aux fleurs rares survit derrière les modernes bâtisses de l'Abri Saint-Joseph, vastes hangars servant de réfectoires aux troupes de pèlerins qu'attire la basilique du Sacré-Cœur.

LA RUE DES ROSIERS.
Eau-forte de Martial.

RUE A MONTMARTRE.
Houbron, pinxit. Musée Carnavalet.