Aussi bien, puisque le hasard de la promenade m'a conduit au Pont-Neuf, je poursuis de ce côté ma petite flânerie rétrospective.
On peut féliciter le Pont-Neuf plus neuf que jamais, d'avoir perdu ses hauts trottoirs, les décrotteurs, tondeurs de chiens, coupeurs de chats, blottis entre ses bornes, & les boutiques de mercerie, papeterie, parfumerie, pommes de terre frites, briquets phosphoriques, allumettes chimiques allemandes, etc., installées dans les guérites en demi-lune que l'on a rasées pour y installer des bancs. Mais quel vandalisme que le badigeonnage des deux maisons en briques qui font face à la statue de Henri IV. Elles ont été construites pour la place qu'elles occupent. Elles font corps avec le pont & contribuent grandement à sa décoration. S'il plaît aux propriétaires, qui les ont déjà blanchies, de les remplacer par des constructions quelconques, c'en est fait de l'un des plus jolis aspects du vieux Paris.
LE LOUVRE VERS 1785.
Dessin de Meunier. Musée Carnavalet.
On pouvait aussi épargner à Saint-Germain-l'Auxerrois le voisinage de cette tour, qui se donne pour gothique, et de cette mairie, qui se croit Renaissance. L'église y perd toute sa grâce & l'ensemble est ridicule.
Du moins, en lui tournant le dos, on a la satisfaction de ne plus voir devant la Colonnade un terrain vague, entouré de palissades pourries. Il ne lui manquait que des croix pour avoir l'air d'un cimetière.
Et, par le fait, c'en était un!