«Au déjeuner des sergents, les fourriers qui venaient d'assister à la lecture du rapport, dans les chambres, divulguèrent l'impression générale:

«—C'est un four. Un seul sous-officier s'est fait inscrire: l'adjudant Rupert.

«—Parce qu'il sait qu'on ne le prendra pas, avec sa maladie.

«—Oui, mais vis à vis des chefs, c'est adroit.

«On discutait surtout l'abstention du seul sergent rengagé que possédât le bataillon, Vaubourgeix.

«—Vaubourgeix! dit quelqu'un, on devrait l'envoyer là-bas d'office. C'est son métier, n'est-ce pas? Mais voilà: ceux qui restent au régiment lui donnent non leur peau, mais le poil qu'ils ont dans la main...

«... Quant aux hommes, les quatre compagnies réunies n'en fournissaient que huit. On cita deux caporaux récemment cassés de leur grade, deux engagés volontaires, deux découcheurs tenaces, actuellement en prison, un ivrogne et une forte tête.

«...—Leur Tonkin, on l'a quelque part!

«... Et, sous ce raisonnement en façade, sous ces prétextes décoratifs, une inquiète lâcheté s'aménageait, se terrait dans les caves de l'âme, ou bien apparaissait aux fenêtres du for intérieur, aux lucarnes du corps, fardée, tremblant pour la bâtisse, criant éperduement, par la bouche et par les yeux, son insatiable amour de la peau...»

Sans la crainte d'être accusé de parti pris et d'exagération en affirmant que Sous-Offs représente notre armée, comme un ramassis de lâches, jamais nous ne nous serions permis de citer les lignes honteuses qui précèdent.