Est-il besoin de retracer les exploits du sergent Blandan en Algérie? La France reconnaissante élevait hier un monument à sa mémoire, et le récit de ses exploits est encore dans toutes les bouches.
C'était aussi un sous-off, que ce sergent Bobillot, tombé au champ d'honneur, dans ce Tonkin dont, au dire de M. Descaves, les Français ont peur, et où ils ne vont point.
Savez-vous ce qu'il écrivait dans une lettre, la dernière peut-être qu'on ait reçue de lui:
«Moi, je rêve de quelque grand projet irréalisable, d'une flèche iroquoise, d'une fièvre jaune ou d'un chemin de fer transatlantique.
«... Il paraît qu'il faut passer par la mort pour naître à la gloire.
«Je voudrais mourir comme Chénier sur l'échafaud, comme Dolet sur le bûcher, comme Mürger à l'hôpital. Mais l'hôpital est encore si peu. Oh! qu'il vienne une guerre sibérienne, chinoise ou patagonienne, mais qu'elle vienne et que j'y tombe: je me relèverai roi.»
Dans un court billet, écrit à la veille de sa mort, il disait encore:
«j'ai le pressentiment joyeux que je ne reviendrai pas en france...»
Et l'illustre sergent Hoff, le héros du siège de Paris, qui attend aujourd'hui, entre le revolver d'honneur qui lui a été offert, et ses bottes déjà graissées pour le départ, l'heure où il faudra marcher pour la Revanche, savez-vous en quelle estime le tiennent ses chefs hiérarchiques?
Le général Le Flô, dans une lettre datée de 9 mars 1873 raconte ce qui suit: