«Chaque fois que je l'ai vu, il m'a touché par sa simplicité, sa modestie, et j'ajoute: par son désintéressement. Au moment de quitter Paris pour essayer de porter une lettre de moi au maréchal Bazaine, et ayant reçu la promesse d'une récompense de 20,000 francs, s'il me rapportait une réponse à cette dépêche, il me dit: merci, mon général, mais permettez-moi de refuser toute récompense pécuniaire, je ne veux pas d'argent.»

Nous pourrions multiplier à l'infini de pareils exemples. Il n'est pas un de nos régiments qui ne possède les noms de sous-officiers inscrits sur son livre d'or. Nos annales sont remplies d'actes d'héroïsme, car le soldat français n'a pas son égal au monde. Il sait obéir et mourir pour son pays et il aura toujours pour devise ces deux mots gravés dans son cœur: «Honneur et Patrie!»

Ne vous rappelez-vous point, M. Descaves, vous qui avez eu l'honneur de porter l'uniforme, avoir entendu, le soir, les conteurs ordinaires des chambrées, enthousiasmer leur auditoire avec le récit dramatique des exploits accomplis par quelqu'un des sous-officiers légendaires dont nous avons cité les noms?

Ah! Ce n'est pas le vôtre qu'ils citeront, soyez en sûr! Ceux qu'ils citent ont trouvé la gloire par l'héroïsme avant que vous n'ayez atteint à la célébrité par le scandale...

A votre âge, Monsieur, Bobillot était mort!!


S'il a été facile de convaincre M. Descaves de mauvaise foi, alors qu'il accusait nos sous-officiers de lâcheté, il ne sera pas moins aisé de le confondre, alors qu'il essaye de les flétrir en leur reprochant le vol et la concussion.

«C'était de la part du fourrier, écrit-il à la page 56 de son libelle, les semaines de distribution, un rabiau minutieux sur le pain, sur le sucre et le café livrés au percolateur, sur le vin fourni par l'ordinaire, sur les étiquettes de paquetage et de râtelier d'armes, sur les permissions établies, vendues aux bleus.

«Toute l'ignominie de l'exploitation des grades, toutes les roueries de l'intimidation, des responsabilités esquivées, déplacées; le cynisme dans l'escroquerie et la lâcheté dans le dépouillement—les deux nouveaux fourriers firent ce honteux apprentissage à bonne école...»

Il faut supposer dans le lecteur l'ignorance la plus profonde des lois et règlements militaires pour oser lui imposer de pareilles allégations.