M. Descaves a vraiment de l'impudeur lorsqu'il vient vous raconter que sous-officiers et bouchers s'entendent comme larrons en foire pour empoisonner nos soldats avec des viandes de rebut!

Et d'ailleurs, la condamnation sévère qui, tout dernièrement encore, frappait des misérables, coupables d'avoir fourni des vivres avariés aux troupes du camp d'Avor, est un exemple saisissant, présent à toutes les mémoires, de la surveillance exercée par l'autorité militaire pour rendre impossibles les faits avancés sans vergogne par l'auteur de Sous-Offs.


Il n'a pu dissimuler sur ce point, comme sur bien d'autres du reste, la fragilité de ses arguments. Il a senti trembler sous ses pieds, comme le sol de l'Etna à la veille d'une éruption, le terrain sur lequel il se plaçait. Aussi a-t-il employé, à l'appui de sa thèse, un artifice subtil, un stratagème de composition, que nous ne saurions trop flétrir.

A côté d'une foule de sous-officiers, qu'il habille en gibier de Cour d'Assises, et pour nous faire croire à une impartialité dont nous ne sommes pas dupes, il a tracé le portrait d'un adjudant intègre.

Le piège est grossier, et personne n'y a été pris.

Il aurait fallu, pour le tendre avec quelque chance de succès, que M. Descaves ne couvrit point de ridicule, en nous le peignant comme un esprit borné, le seul honnête homme qu'il ait daigné voir dans l'armée.

Ah, certes! en mettant en scène l'adjudant Boisguillaume, qui vit modestement à la caserne, passant entre son épouse et son sabre les rares instants que lui laisse l'accomplissement de ses doubles devoirs, on avait une belle œuvre à faire.

C'est une œuvre de haine qu'on a perpétrée!

Ah! la haine!!...