— Réellement, Monsieur? Misérable?… Dites-moi donc, s'il vous plaît, quel est le plus misérable, de l'homme qui emploie le chloroforme pour détrousser son prochain ou de celui qui s'en sert pour violer une jeune fille?
Barzot reste muet. Il vient s'asseoir sur une chaise devant une table, et prend son front dans ses mains.
— Combien exigez-vous de ces lettres? demande-t-il. Combien?
Quelle somme?
— Je vous ai dit que je me présentais à vous au nom de Mlle Canonnier, et pas au mien. Ce n'est pas moi qui possède ces lettres; c'est elle. Elle n'a pas l'intention de vous les vendre.
Barzot lève la tête et me regarde avec étonnement. J'ajoute:
— Elle n'a pas l'intention de vous les vendre pour de l'argent.
— Ah! dit-il. Ah!…
Et il attend, visiblement inquiet — car sa belle impassibilité du début l'a complètement abandonné — que je veuille bien lui apprendre ce qu'Hélène réclame de lui.
— Mlle Canonnier, dis-je, n'a point de position sociale; elle désire s'en faire une. Elle veut se marier.
— Elle veut se marier? demande Barzot dont les yeux s'éclairent et dont les joues s'empourprent. Elle veut se marier?… Eh! bien… Tenez, Monsieur, continue-t-il étendant la main, j'oublie ce que vous êtes, ce que vous avouez être, et je me souviens seulement que j'ai devant moi le neveu d'un homme que j'estime…