— Je pense, dis-je, qu'au cours actuel il n'y a pas là deux cent mille francs.

— C'est possible, répond mon oncle. Lis un journal. Ou plutôt, adresse-toi à un agent de change, car, plusieurs de ces valeurs ne sont pas cotées en Bourse, ni même en Banque. Lorsque je m'en suis rendu acquéreur, en ton nom, je les ai payées le prix fort. J'ai les bordereaux d'achat. Les voici.

Naturellement.

— Tu n'as aucune réclamation à élever contre moi à ce sujet-là.

Je m'en garderai bien.

— Et, tu sais, rien ne te force à accepter le règlement que je te propose.

Il s'est levé pour lancer cette phrase; et, les dents serrées, les lèvres encore frémissantes, il se tient debout devant moi. Son masque jaune a pâli, s'est crispé d'une colère blême. Il veut autre chose que ma taciturnité et mon flegme; il ne sait point ce qu'il y a derrière l'apparence de mon calme, et il veut provoquer un éclat. Mon silence, c'est l'inconnu; et sa nature nerveuse ne peut pas supporter l'anxiété. Il veut savoir ce que je pense de lui pour le passé — et pour l'avenir. — Il veut la bataille.

Il ne l'aura pas.

— Mon oncle, dis-je en prenant une plume, j'accepte ce règlement.

Mais il me saisit la main.