— Avez-vous un domicile à Paris? me demande Ida.

— Non, je n'en ai plus; mais ne vous inquiétez pas de moi; je descendrai au premier hôtel venu.

— Quel enfantillage! Vous y serez horriblement mal. Venez donc chez moi; la place ne manque pas et je vous invite en camarade.

Je me défends, pour la forme.

— Laissez-vous donc faire, dit Ida; vous ne serez pas dérangé; je n'ai pas de pensionnaire en ce moment. Et c'est si gentil, chez moi! J'ai un salon… on se croirait chez un dentiste américain, Si saint Vincent de Paul vivait encore, je suis sûre qu'il viendrait me faire une visite.

Je ne veux pas être plus difficile que saint Vincent de Paul, et je promets de me laisser faire.

— À la bonne heure, dit-elle; je savais bien que vous finiriez par entendre raison. Ah! que je serais contente d'être arrivée! On a si froid, à voyager la nuit… les nuits sont glaciales… J'ai pourtant mon grand manteau…

— Ah! moi qui oubliais… J'ai justement un boa dans ma valise.

— Un boa?

— Oui… Le voilà.