Seul, Dalechamps figure un Chou à plusieurs têtes, sous le nom de Brassica capitata polycephalos, qu’il note comme une espèce rare et sans usage[65]. Nous avons reproduit le bois gravé de ce Chou curieux qui paraît avoir été cultivé pendant longtemps dans les jardins botaniques. Bauhin connaissait le Chou à plusieurs têtes[66]. On le voit aussi figurer dans l’ouvrage de Morison[67].
[65] Historia plantarum (1587), t. I, p. 521.
[66] Pinax (1623), III.
[67] Plantarum Historia (1715), part. 11. liv. III, tab. I, fol. 3.
Cette production de bourgeons caulinaires qui forment ensuite des pommes de diverses grosseurs est due à la variabilité de l’espèce. Dans notre Chou de Bruxelles, qui doit être sorti d’un sport analogue, les rosettes sont d’égale grosseur, étagées le long de la tige et non groupées au sommet comme dans le Chou de Dalechamps.
BRASSICA CAPITATA POLYCEPHALOS (XVIe siècle) d’après l’Histoire des plantes de Dalechamps.
Dans tous les cas, la fin du XVIIIe siècle est l’époque la plus ancienne où l’on constate avec certitude l’existence du Chou de Bruxelles qui portait alors le nom de Chou frangé ou frisé d’Allemagne.
A partir de 1820 seulement, on le trouve appelé généralement Chou de Bruxelles, appellation qui dénote une grande extension de la culture de ce Chou dans le Brabant vers le commencement du siècle dernier.
En 1845, les cultivateurs français étaient encore tributaires, pour la semence de Chou de Bruxelles, de M. Rampelberg, grainetier du roi Léopold, au Grand-Marché de Bruxelles. Aujourd’hui on récolte partout d’excellentes graines de Chou de Bruxelles, moyennant certains soins donnés aux porte-graines.