Le Traité des Jardins, par Le Berryais, paraît être le premier ouvrage horticole qui ait mentionné le Chou de Bruxelles sous le nom primitif de Chou frisé d’Allemagne[68]. Le Dictionnaire des Jardiniers françois de Fillassier, édition de 1789, décrit aussi cette race nouvelle, qu’il appelle encore Chou des Samnites. En 1804, nous trouvons pour la première fois le synonyme Chou à jets du Brabant, dans une note de la dernière édition du Théâtre d’Agriculture d’Olivier de Serres (éd. 1804, t. II, p. 455). A partir de 1805, le Bon Jardinier consacre chaque année quelques lignes au « Chou frangé ou frisé d’Allemagne ou à rejets du Brabant ». Le nouveau Chou figure aussi dans le Calendrier du Jardinier, de Bastien (1807). Ceci indique qu’il était déjà populaire. Cependant d’importants ouvrages de l’époque tels que l’Encyclopédie méthodique de Lamarck, le Botaniste cultivateur, de Dumont-Courset, etc., qui ont traité le chapitre des Choux d’une manière étendue, ne le connaissent pas encore.
[68] Traité des jardins ou Le Nouveau de la Quintinie (1785), t. II, p. 139.
Dans une causerie faite en 1863 à la Société impériale d’Horticulture, le grainier Bossin et un autre membre de la Société, rappelant leurs souvenirs de jeunesse, fixaient les débuts de la culture bourgeoise du Chou de Bruxelles, aux environs de Paris, entre 1808 et 1815[69]. En 1828, le maraîcher-primeuriste Découflé cultivait le Chou de Bruxelles dans ses jardins de la rue de la Santé comme légume de luxe qu’il vendait à la Halle au prix de 1 franc 20 la livre.
[69] Jal Soc. imp. d’Hortic., 1863, p. 321.
Nous n’avons pas trouvé le nom de Chou de Bruxelles, avant 1818. L’édition de 1818 du Bon Jardinier et celles postérieures abandonnent les anciens synonymes et emploient désormais les noms : Chou de Bruxelles, Chou à jets, Chou rosette.
De Candolle père écrivait en 1822 : « Le Chou à jets est remarquable ; ce Chou se cultive en abondance dans la Belgique et est fort recherché pour sa délicatesse : il est connu sous les noms de Chou à jets, à rejets, Chou de Bruxelles, Chou à mille têtes, etc. Il serait possible que le Brassica capitata polycephalos de Dalechamps se rapportât à cette variété »[70].
[70] Mémoire sur les différentes espèces et variétés de Choux, p. 18.
En France, la culture maraîchère du Chou de Bruxelles n’est pas ancienne. MM. Gardebled et Godinot, de Rosny-sous-Bois, auraient commencé à cultiver ce Chou vers 1838 en petite quantité, car la vente était très limitée ; seuls quelques marchands à la Halle et au marché Saint-Honoré leur achetaient. Ce n’est guère que vers 1842 ou 1843 que la culture du Chou de Bruxelles a pris une grande extension à Rosny-sous-Bois, puis à Fontenay, Nogent, etc.[71].
[71] Revue horticole, 1880, p. 295 ; 1885, p. 323.